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Les Gaudes
Dans le Jura et en Bresse, depuis des temps immémoriaux, la nourriture de base, ou plutôt le plat des pauvres, c’étaient les gaudes : farine de maïs grillé dont on fait une bouillie consistante, qui « tient au ventre » pour un prix modique.
Lors de la guerre 39-45, les privations imposées avaient largement fait revenir sur bien des tables ces gaudes qui nous ont permis de ne pas trop crier famine !
Quand revinrent des jours et une alimentation meilleurs, on ne s’est plus souvenu qu’avec un peu de dédain de ces « platées » que l’on avait pendant trop longtemps absorbées et dont on disait qu’elles faisaient venir le « ventre jaune » aux Bressans ! Ingrats que nous sommes !
Les années passant, des résurgences du passé faisant jour en nos mémoires, certains ont recommencé à manger des gaudes, quelquefois en hiver, dans des assiettes particulières à cela. Et ma foi, après les avoir si longtemps oubliées, voici qu’on en retrouve la saveur. Au point que dans un petit village au nom de Montfleur, on a restauré un moulin, devenu musée, qui fonctionne à l’ancienne. La farine de gaudes se fait sous les yeux des visiteurs et l’on peut y acheter du bon pain au goût d’autrefois ainsi que des pâtisseries aux gaudes dans la boulangerie attenante.
Dans ce même village, a vécu au XVIII° siècle, un dénommé Jean Jacob qui est arrivé à l’âge vénérable de 120 ans, extraordinaire pour l’époque ! Aussi fut-il emmené à Paris pour y être présenté à Louis XVI, alors roi de France. Le monarque l’ayant félicité, lui demanda ce qu’il mangeait pour être d’un si grand âge. Jean Jacob répondit :
« « Sire, depuis toujours je mange des gaudes à tous les repas. Si vous pouvez en manger aussi vous vivrez pendant longtemps ! » »
Hélas ! Gaudes ou pas on sait ce qu’il advint de la longévité de Louis XVI…
Recette des gaudes
Délayer deux grosses cuillérées à soupe de farine de gaudes par personne dans de l’eau froide de façon à obtenir une bouillie un peu claire.
Amener à ébullition, puis mettre à cuire sur feu doux en ajoutant du lait (demi écrémé) au fur et à mesure que le mélange s’épaissit.
Laisser mijoter une bonne demi-heure dans la cocotte couverte, tout en surveillant pour ajouter le lait et une noix de beurre.
Servir dans chaque assiette en laissant une peau se former à la surface.
Déguster en mettant de la crème fleurette très froide dans un creux que l’on fait à chaque cuillérée de gaudes.
Autrefois les gaudes n’étaient cuisinées qu’à l’eau, seul un peu de lait froid était versé à la place de la crème. Bon appétit !
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