|
L’Homme de Bien
Toutes les personnes qui passent par Vaux les St Claude, en voiture ou à pied, ont remarqué un buste, posé sur son socle, dans un coin de verdure à gauche de la mairie. C’est « l’Homme de Bien », Jean-Baptiste Clerc.
Les « Clerc », une famille de rebouteux haut jurassienne
Ils habitaient Chiriat, agglomération rattachée à la commune de Vaux les St Claude depuis 1822. L’étendue du champ d’activités des « Clerc » était toutes les opérations de chirurgies non sanglantes : membres « cassés », luxation du pied ou du coude, de la hanche, de l’épaule, côtes brisées ou enfoncées, mâchoires déboîtées… En 1716, les « Clerc » furent appelés à venir se défendre devant la justice à la requête de M Claude François Vuillerme de Saint-Claude, procureur syndic de la communauté des chirurgiens. Il apparaît, à la lumière de tous les témoignages recueillis, que les « Clerc » étaient des rebouteux fort habiles et aussi fort visités, et qu’en exerçant leur art, ils n’étaient mus en rien par l’appétit du gain. Remplis au contraire d’un admirable esprit de charité, ils ne recevaient rien des pauvres. Tout juste acceptaient-ils de leurs clients aisés ce qui leur plaisait de leur remettre. Ce n’est pas la justice qui régla le litige. Il se termina en effet par un « accord » signé entre les parties le 16 janvier 1717. L’ère des procès close, les fils après les pères sont rebouteux et prodiguent le bien en silence et s’en trouvent satisfaits. Voilà tout ce qu’il y a à dire d’eux. C’est peu … et c’est beaucoup.
L’Homme de Bien
Jean-Baptiste Clerc est né à Vaux les St Claude le 25 juillet 1802 et mort le 7 novembre 1876. Cet homme a, paraît-il, accumulé les guérisons. Il recevait cinq à dix personnes par jour et il est impossible de décrire tous les soins prodigués par cet homme. Nous n’en rappellerons qu’un : en 1859, au retour de la Campagne d’Italie, comme il traversait les Alpes, un artilleur se luxa le pied. Arrivé à Chambéry, son régiment y prit garnison pour six mois. Aucun remède ne fut apporté au mal de l’infortuné militaire. Ses douleurs s’accentuaient même et, pour y mettre fin, un chirurgien militaire parla de l’amputer. A ce moment même, son régiment dut quitter Chambéry pour gagner Besançon puis Strasbourg. Il était lorrain. Désireux de revoir sa famille avant l’amputation, il demanda à suivre ses camarades. Son régiment fit étape à Saint-Claude. Le commissaire de police, du nom de Leclair, l’interrogea et, pour conclure, l’engagea à aller voir le rebouteux de Vaux. Il se montra si confiant dans la guérison de l’artilleur que celui-ci décida de suivre son conseil. L’artilleur sollicita un congé de huit jours. Il l’obtint et fut admis à l’hôpital. Le surlendemain, aidé par quelques personnes charitables, il gravit péniblement la montée de l’hôpital et vint prendre la voiture publique de Lyon. Il fut descendu à Vaux et se présenta au « rebouteux ». On juge de la surprise du conducteur quand, à son retour, il vit s’approcher de sa voiture son voyageur de la veille, débarrassé de ses béquilles, la marche assurée et l’air tout guilleret.
Le buste de l’Homme de Bien fut inauguré le 23 septembre 1877. Cinq mille personnes étaient présentes ainsi que neuf fanfares.
Texte aimablement transmis par M. Premilleux que nous remercions.
|
|
|
Participez... |
|
Si vous aussi vous avez une histoire, un clin d’œil à nous faire partager, n’hésitez pas à nous le faire parvenir.
|
 |
 |
|
L'Homme de Bien Vaux les Saint Claude | | |