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Mais que sont devenues les fêtes d’antan ?
On l’attendait la fête de pays… A l’avance on en parlait, on peut dire qu’on la savourait….
Depuis des décennies, il en était ainsi car les loisirs n’étaient pas si nombreux et diversifiés. La veille, les maîtresses de maison avaient sacrifié le plus bel occupant de la basse-cour ou du clapier, d’autres en faisaient l’achat. Le four communal chauffé par les hommes, cuisait les papets, les brioches et gâteaux divers.
Le ménage avait été fait « à fond » dans toutes les demeures. Les filles, jeunes femmes et parfois moins jeunes, arboraient une robe nouvelle ou leur toilette la plus seyante, de même qu’une mise en plis ou une indéfrisable fraîchement élaborée par la coiffeuse, afin d’être au « top » pour le grand jour.
Les forains et leurs attractions arrivaient dans la semaine. Au cours des années c’était souvent les mêmes qui revenaient et on sympathisait avec eux. Le « bal monté » tant attendu était installé. On y dansait le dimanche après-midi, le dimanche soir et le « lundi de la fête ». On faisait bombance, recevant à table parents et amis. Certains Chrétiens point trop dévots habituellement, allaient à la messe ce jour là. Des sociétés de musique ou de gymnastique animaient l’après-midi.
Le lendemain, étaient organisés des courses, des jeux où l’on gagnait un peu d’argent, faisant la joie des jeunes. Des idylles se nouaient, les cafés ne désemplissaient pas. Même le dimanche suivant il y avait le « retour de la fête », et selon une vieille coutume, on festoyait de nouveau ! Il arrivait parfois qu’une querelle éclate autour de la dive bouteille, mais la réconciliation venait assez vite… Cela faisait partie du spectacle et amusait l’assemblée. Il y avait quelque chose de la fête païenne dans ces réjouissances. Pourtant c’est sous l’égide du bon Saint Patron que l’on se rencontrait, se retrouvait, éventuellement se réconciliait.
A présent les fêtes patronales existent encore, autrement animées selon les villages, différemment, mais toujours dans le but de rencontres humaines plus facilement fraternelles lors des festivités.
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Moirans 22 août 1910 |