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Clairbois un jouet d’avance
Depuis avril 2004 la communauté de communes Jura Sud s’est installée dans les anciens locaux administratifs de l’usine Clairbois, « en Gezon ».
Une entreprise familiale Au début du siècle dernier, Albert Clerc et ses fils Léon et Henri exploitent « au Maret » à Grand Châtel une petite affaire de négoce de tournerie et vendent des objets fabriqués par les tourneurs locaux. Bien vite la nécessité de se rapprocher des voies de communication se fait ressentir et, en 1925, ils se portent acquéreurs de la « maison verte », une importante bâtisse toute proche de la gare du tacot à Villards d’Héria et abritant le café restaurant tenu par Mme Arbez. En 1945, Jean, fils de Léon Clerc, crée l’activité jouets, son père et son oncle poursuivant la tournerie sur bois jusque dans les années 65. Impressionné par la chaîne de production de Moulinex, alors client de la tournerie, Jean Clerc met au point la première chaîne de montage du jouet en bois. Dans les années 46, il décide de construire une usine à proximité de la « maison verte ». C’est le début de l’agrandissement de l’espace de travail des établissements Clerc, d’abord à Villards d’Héria à proximité de la « maison verte » avant l’installation, en 1966, d’une partie de la production, des chaînes de montage, des bureaux, « en Gezon », sur la zone industrielle de Moirans. Jean Clerc prend sa retraite en 1988. Il confie la direction à son gendre, Pierre Pouthier. En 1994, c’est la fusion avec Berchet, racheté plus tard par Smoby. En 2003, Jura Sud se porte acquéreur d’une partie des bâtiments « en Gezon » et s’y installe.
le sens de l’innovation Jean Clerc a su adapter l’entreprise aux mutations industrielles de cette deuxième moitié du 20ème siècle. Il fut même souvent novateur. Avant 1950, il met au point la première chaîne de montage du jouet en bois. En 1950, conscient de l’importance de l’esthétique dans le succès d’un jouet, il fait dessiner par Jean Buzzini le cheval qui devient le symbole de la marque Clairbois. Après le « bois tourné », l’activité se tourne vers le « bois découpé » avec le célèbre Cadichon (que l’on peut voir au musée du jouet). Le petit âne grandit d’année en année pour atteindre la taille d’un porteur, le premier porteur en bois de Clairbois. Au cours des années suivantes, la collection va se renouveler autour d’une gamme de trente jouets. 1957 voit l’arrivée des premiers moules pour injection plastique. En 1960, l’injection plastique se généralise et les « moules à souffler » gonflent le petit cheval qui devient porteur. Dans les années 60, tous les animaux Clairbois deviennent porteurs et la collection est complétée par la création de véhicules humoristiques, de camions de pompiers, de jouets articulés et à traîner. Dans les années 70, une gamme évolutive de jouets en plastique accompagne les fameux porteurs et pousseurs qui font la renommée de l’entreprise. Au début des années 80, Pony, le cheval bac porteur, fait l’objet du premier spot publicitaire de la société à la télévision. Clairbois lance une production annuelle de 400 000 pièces. En 1986, Clairbois est la seconde entreprise de jouets à réaliser une introduction en Bourse, qui relance la motivation et la confiance, dynamise l’entreprise et lui apporte une grande notoriété. La même année, elle obtient le premier ourson de cristal de l’Exportation. Elle sera récompensée par un Oscar du jouet en 1991. Les salariés ont gardé de Jean Clerc le souvenir d’un patron humain, abordable, formidable, un homme de consensus et de dialogue.
Dans les années 90, l’entreprise a pour slogan: un jouet d’avance. L’installation, dans les locaux de Clairbois, de Jura Sud, communauté de communes qui a toujours une idée ou un projet ou un « dossier » d’avance, assure la continuité de cet esprit d’adaptation et d’innovation.
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Jean Clerc Le sens de l'innovation | | |